Le mot « forêt » a une origine mal connue.
Il proviendrait soit du
francique
forh-ist, terme juridique datant de l'époque
carolingienne
(751
–
987
), soit du
latin
foris qui signifie « en dehors », signifiant pour certains tout milieu extérieur à la civilisation, lieu sauvage et peu accueillant ou plus probablement,
il s'agit de désigner un extérieur au sens juridique : la réserve seigneuriale, destinée à la chasse.
Sous
Charlemagne
(747
–
814
) l'expression silva forestis issue du
latin classique
forum (« forum » puis « tribunal ») indiquait que la « forêt royale » relevait de l'autorité et de la justice du roi.
Au
Moyen Âge
, ce terme s'appliquait aux chasses seigneuriales ; son sens avait évolué il signifiait alors « forêt hors de l'enclos », issu du latin foris (« hors de »),
zone dans laquelle il est défendu de défricher et la chasse est gardée.
Le terme foresta, utilisé seul, désigne les forêts à partir de la seconde moitié
du
XIIe siècle
en France.
Les Romains appelaient la forêt silva, mais
Virgile
et
Cicéron
la nomment nemus (« bois » en latin, qui proviendrait de nemo signifiant « personne »). Ce mot figure souvent dans les chartes capétienne pour désigner
des petites zones boisées.
Salluste
utilisait le terme saltuosus pour désigner un espace boisé.
À l'époque romaine les saltuarii ou les silvarum custodes administraient les forêts.
Aux époques
mérovingienne (
481
–
751
) et carolingienne (
751
–
987
), le mot saltus désigne fréquemment les zones de bois et landes, plutôt semble-t-il quand elles appartenaient au fisc royal. Les mots nemus et saltus n'ont
pas survécu en français.
Le terme «
bois
» apparaît à l'époque capétienne, issu d'une racine pré-latine qui a donné le bosc (« buisson ») germanique. Contrairement au mot forêt, il est sans connotation
juridique.
Le mot
gaulois
broglios dérive de broga (« champ »), devenant broglius désignant au
IXe siècle
un bois humide, clos ou entouré d'une haie. Il a donné le « breuil » du dictionnaire de l'Académie française et des
toponymes
tels que
Breuil
ou
le Breuil
par exemple.
Une forêt ou un massif forestier est une
étendue
boisée, relativement
dense
, constitué d'un ou plusieurs
peuplements
d’arbres
et d'espèces associées.
Un boisement de faible étendue est dit bois, bosqueteau ou bosquet selon son importance.
Une large
typologie
de forêts existe ; des forêts dites primaires, aux
forêts dites urbaines
, en passant par de nombreux types de
sylvicultures
et d'agrosylvicultures.
La forêt est aussi un milieu de vie et une source de revenus pour l'homme : Au début du XXe siècle, plus de 500 millions de personnes, dont 150 millions
d’autochtones vivent encore en forêt ou à ses abords.
De la forêt de lauriers au Bush australien en passant par la canopée, La diversité et la complexité de tous ces milieux sont trop importants pour n’y consacrer qu’un dossier…
C’est pourquoi, ici, nous nous intéresserons essentiellement à nos belles forêts françaises.
D'après le dernier inventaire annuel réalisé par l'Inventaire Forestier National en 2005
En terme de volume sur pied, les feuillus représentent environ 63 % du total, dont :
Parmi les résineux (37 % du volume sur pied), les principales essences sont :
Les peupleraies occupent environ 188 000 ha.
La diversité de la forêt française s'explique par sa position à l'intersection des trois principaux climats du continent européen (méditerranéen, continental et océanique) et le fait qu'elle occupe toutes les altitudes, depuis le niveau de la mer jusqu'à la limite supérieure de la végétation.
Les chiffres ci-dessus concernent la France métropolitaine , mais n'incluent pas les forêts tropicales des départements et territoires d'outre-mer, notamment la Guyane française (la forêt équatoriale de la Guyane, qui est pour l'essentiel une forêt primaire , couvre huit millions d'hectares environ).
Les trois quarts de la forêt française relèvent de la propriété privée et 10 % sont des forêts domaniales, propriété privée de l’État
.
Le reste est la propriété des
collectivités locales
, principalement les
communes
mais aussi les
départements
et les
régions.
Ces forêts publiques sont gérées par l’Office national des forêts.
Ces forêts dites domaniales ont généralement des origines anciennes (forêts de chasses et de rentes royales, du clergé, ou anciens domaines de chasse ou
seigneuriaux, souvent héritées de biens saisis à l'époque de la
Révolution
).
Il existe quelques exceptions dans l'Est et le Nord du pays avec notamment les
forêts de guerre
plantées sur la
zone rouge
(la plus marquée par les
séquelles de guerre
de la période
1914-1918)
Surfaces : Selon le premier « bilan patrimonial »
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des forêts domaniales, les forêt domaniales françaises couvrent 16 490 km², soit 3,1 % du territoire métropolitain français (en 2006) et 10,1 % du total
enforesté (en métropole pour en 2000) et 13,2 % du volume sur pied.
Les 1 699 000 ha de forêt domaniale de france métropolitaine sont répartis en 1 426
forêts.
85 % de ces massifs sont boisés.
La surface moyenne de ces forêts était en 2006 de 1 190 ha (un peu moins de 12 km²), mais 70 % de la surface totale était constituée de massifs de dix
à cent km², les forêts de plus de 2 000 ha couvrant 60 % de la surface domaniale totale.
La
forêt d'Orléans
est le plus grand massif géré d'un seul tenant (si l'on ne tient pas compte de sa fragmentation par les routes) avec 350 km² (34 600 ha).
Le plus vaste complexe de massifs forestiers publics se trouve dans le Nord des
Vosges
avec 430 km².
Appartenant essentiellement aux communes, mais aussi aux départements, aux régions et à d'autres établissements publics, elles couvrent 23 530 km², soit 16,2 %¨du total et 19,4 du volume sur pied.
Les forêts publiques couvrent des surfaces restreintes dans les départements insulaires (150 km² en
Martinique
, 380 km² en
Guadeloupe
, 990 km² à
la Réunion
), qui doivent faire l'objet de mesures de protection.
En
Guyane française
, la forêt publique couvre 75 000 km² dont environ 4000 km² seulement font l'objet d'un plan d'aménagement pour la production ou la conservation.
Cette
dernière abrite 98% de la
faune vertébrée
et 96% des
plantes vasculaires
spécifiques à la
France.
C'est de loin la plus importante avec 107 230 km² (un peu plus de 10 millions d’ha), soit presque 2/3 de la surface totale (73,7 % du total) et 67,3 % du volume sur pied (1,340 millions de m³).
Elle est très fractionnée :
3,5 millions de propriétaires possèdent en moyenne 2,6 ha, dont 2,6 millions ont moins de 1 ha. Ce morcellement est le résultat
du partage des
héritages
comme le permet le
code civil
napoléonien.
Le
bocage
et les arbres isolés ont beaucoup reculé, mais le boisement de rente (ou parfois sponané) sur les zones de recul agricole augmente, notamment en montagne
et moyenne montagne.
Pour donner une cohérence à cet ensemble, le bois étant une ressource naturelle importante tout comme le fer, le pétrole, etc., les Centres Régionaux de
la Propriété Forestière (
CRPF
) furent créés en août
1963
. Ces
établissements publics à caractère administratif
fournissent des conseils techniques et
juridiques
, et veillent à ce que les
Plans Simples de Gestion
(PSG) soient écrits et mis en oeuvre.
Un PSG est un document où le propriétaire forestier liste les actions qu’il entend mener dans son bois pour une période
donnée (au maximum vingt ans). Le PSG est agréé par le CRPF s'il est conforme, ou il doit être modifié le cas échéant. Un propriétaire peut être contrôlé
à tout moment par la Direction Départementale de l’Agriculture et des Forêts (
DDAF
) chargée de veiller au respect des PSG. Si ce n’est pas le cas, le propriétaire s’expose à des amendes.
À l'exception du
massif landais
, les forêts ont déserté la façade maritime française. C'est principalement les besoins de la construction navale qui, il y a trois siècles, ont fait disparaître
la majorité des forêts de la façade occidentale de l'Hexagone. La construction d'un navire de guerre en bois nécessitait l'utilisation d'un millier d'arbres.
La production ligneuse annuelle de la forêt française est de cent-trois millions de mètres cubes en 2005
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dont cinquante-sept millions de feuillus. Attention, il ne s'agit pas de la récolte mais de la production biologique de bois (mortalité non déduite).
Les Romains et les Grecs connaissaient bien les arbres de notre entourage.
À
la plupart, ils vouaient un culte qu'ils justifiaient en leur attribuant une
incarnation divine.
Tous les arbres de cette liste ne font pas partie de la forêt à proprement parlé mais nous n'avons pas voulu les dissocier...
Des mythes similaires existent chez tous les peuples, Celtes, Germains, etc.
Le chêne que les Romains associaient à Jupiter, dieu du tonnerre, était également assimilé au dieu de la foudre, Donar, chez les Germains.
Pour les
Germains et les Scandinaves, le frêne est l'arbre fondateur, Yggdrasil. Il
supporte la voûte céleste et prend racine dans la Sagesse.
Les Slaves
attribuent au même frêne le pouvoir de repousser les serpents : on peut se
reposer à son ombre sans crainte.
Certaines croyances ont perduré jusqu'à nos jours : par exemple, toucher du bois de la main droite préserve du mauvais sort.
Les forêts, parce qu'elles abritaient des loups, et occasionnellement les
marginaux, les Robin des bois ou les hors-la-loi, ont toujours fait peur.
Elles hantent l'imaginaire public et hébergent les lutins et les fées des
contes. Les Druides y réalisaient leurs cérémonies, et, plus proche de nous,
la religion a repris cette vénération des arbres remarquables.
Petit rappel sur les arbres de nos forêts:
Plantation, durée de vie, localisation, utilisation, fruits et autres...
Un arbre est dit remarquable quand il est hors du commun,
soit par son diamètre, sa taille, ses formes, son age ou autres particularités.
Nous allons ici en découvrir quelques uns.
Les champignons ne font pas partie du règne animal, ni végétal, ils ont leur propre règne.
Voilà pourquoi il était important de leur consacrer un chapitre.
Bien que l'on trouve des champignons dans pratiquement tous les milieux, C'est la forêt qui en recèle la très grande majorité.
On en trouve quasiment toute l'année avec des moments forts comme l'automne et le printemps.
Le plaisir de la cueillette et la dégustation qui va suivre sont intenses,
cependant, il ne faut pas oublier certaines règles qui pourraient coûter très cher aux amateurs non avertis...
Vous voilà donc prêts à partir, cependant voici quelques conseils qui relèvent de la bienséance et évitent bien des conflits...
Il est vraiment primordial de ne ramasser que les champignons que l'on connait parfaitement.
Rappelons tout de même que certains champignons sont toxiques voire mortels...
Les symptomes d'une intoxication peuvent apparaître de quelques heures à plusieurs jours, après l'ingestion, rendant le diagnostic très difficile.
En cas de doute sur un champignon, il est impératif de le mettre à part pour une identification ultérieure par un spécialiste ou un pharmacien.
D'où l'utilité du deuxième panier!
Un seul champignon toxique mélangé aux autres polluerait tout le panier...
Il existe deux écoles:
La première consiste à prélever tout le champignon avec le pied pour une parfaite identification.
La deuxième solution est de couper le pied au ras du sol.
Ce qui est valable si le champignon est connu et certains diront que cela permet de garder du mycellium en terre bien que ceci ne soit pas prouvé scientifiquement.
Ne ramasser pas les champignons trop jeunes qui vont réduire fortement à la cuisson, ni ceux qui sont trop avancés.
Il est inutile de tout ramasser pour faire le tri plus tard et jeter à la poubelle. Il est préférable de les laisser sur place.
Ne ramasser également que la quantité nécessaire à votre consommation.
Pensez que tous les champignons ont leur utilité. Alors, quand vous aurez soulevé quelques feuilles avec votre canne et découvert quelques spécimen toxiques, il est inutile de les détruire.
Cette classification est personnelle, simple et permet de s'y retrouver facilement.
Les plus savoureux!
Bien que ceux ci soient comestibles, leur saveur n'est pas exceptionnelle et ne représentent donc pas vraiment d'intérêt culinaire...
Toxiques voire mortels, il faut vraiment savoir les reconnaitre...
Quelques champignons parasites et...